Méthodologie
Cette page décrit ce que fait l'outil et comment il le fait, y compris ses limites. Elle n'est pas écrite à la main : la liste des médias vient du fichier de configuration du panel, les seuils des algorithmes sont lus dans le code, la planification dans la configuration des tâches et les chiffres dans la base. Si l'un d'eux change, la page change.
L'outil compare la façon dont des groupes de médias (les camps) traitent un même événement : quels mots ils emploient, quels qualificatifs, qui nomme ou raconte en premier. Il ne dit pas qui a raison et ne vérifie pas les faits.
En ce moment
- Médias dans le panel
- 40
- Sources actives
- 51
- Articles du panel
- 18750
- Articles analysés
- 18643
- Événements affichés
- 207
- Fils d'événements
- 21
- Période couverte (99 % des articles)
- 25/08/2026 → 30/10/2026
- Dernière collecte
- 29/10/2026 à 08h45
Les sources
Les articles viennent de flux RSS et de plans de site d'actualité, que les médias publient eux-mêmes pour être lus par des programmes. L'outil interroge leurs sources à intervalles réguliers (voir « Planification »). Il se présente sous un nom explicite (VeillePolitiqueFR) et ne contourne aucun blocage : si un site refuse l'accès, le média n'est pas collecté.
Un article collecté se compose de son titre, de sa date et, selon la source, du chapeau fourni par le flux. Les plans de site d'actualité ne donnent que le titre et la date. Quand la source ne fournit que le titre ou le chapeau, le corps de l'article est récupéré pour tous les camps (Extrême droite, Relais de droite, Presse de référence et Gauche radicale), dans le respect du fichier robots.txt du site : un site qui l'interdit reste au stade du chapeau.
L'outil ne lit pas les contenus payants : il n'utilise aucun abonnement ni identifiant, et pour un article à accès restreint il n'obtient que la partie publique de la page.
- Un média peut avoir plusieurs sources (par exemple Le Monde : politique, société, police-justice).
- Un même article vu par deux sources d'un même média n'est compté qu'une fois (même média, même adresse canonique).
- Seuls les médias du panel sont collectés, analysés et regroupés.
Planification
Les camps et la liste des médias
Les médias sont rangés en 4 camps, chacun représenté par 10 médias : le même nombre, pour qu'aucun camp ne domine les comparaisons par sa taille. Le panel compte 40 médias et 51 sources.
Ce classement est un choix éditorial du projet, pas un résultat de calcul. Il s'applique au média, pas à chacun de ses articles, et il est justifié média par média dans le fichier de configuration. Il peut être contesté, et se corrige en modifiant ce fichier.
Les médias ont été retenus d'après deux critères : leur audience (rang de fréquentation en France, estimation Similarweb) et leur volume de publication (articles par jour dans leur flux), parmi ceux dont le flux est accessible. Des médias très lus en sont absents quand leur site refuse la collecte ou n'offre aucun flux exploitable.
Dans les comparaisons, chaque média pèse une voix, quel que soit son nombre d'articles : un média qui publie beaucoup ne devient pas à lui seul tout un camp.
Médias de l'extrême droite et de la droite identitaire. Ce camp inclut des médias de très grande audience (CNews, Europe 1, Le JDD) dont le classement ici est discutable : c'est un choix éditorial du projet, écrit et modifiable dans le fichier du panel.
Médias de droite et de centre droit qui relaient ou reprennent des thèmes et des débats des camps voisins (Le Figaro, BFM TV, LCI, Le Point, Le Parisien…).
Presse, radios et télévisions généralistes de référence (Le Monde, franceinfo, Libération, La Croix, HuffPost…).
Médias de la gauche critique et radicale (L'Humanité, Mediapart, Politis, Reporterre…).
De l'article au texte analysé
Chaque article est analysé par un modèle linguistique du français (spaCy, fr_core_news_md) qui en extrait les mots importants (lemmes), les noms de personnes, de lieux et d'organisations, les groupes nominaux, et les qualificatifs avec le nom qu'ils qualifient. Un second modèle (plongements de phrases multilingues, 384 dimensions) mesure la proximité de sens entre deux articles. Aucun modèle de langage génératif n'intervient, et aucun service payant n'est utilisé.
Seuls les articles d'au moins 40 caractères sont analysés.
La comparaison entre camps porte sur le titre et les premières lignes (le chapô) : c'est là que se joue le cadrage, et c'est une longueur de texte comparable d'un média à l'autre.
Le regroupement en événements
Les articles qui parlent du même événement sont regroupés automatiquement, sans liste de sujets ni de mots écrite à la main. La méthode suit les articles par ordre de date : chacun est comparé aux événements récents et rejoint le plus proche, ou en ouvre un nouveau.
Un article rejoint un événement quand deux jugements s'accordent : la proximité des mots (entités, noms, groupes nominaux, pondérés par leur rareté dans l'ensemble du corpus ; les mots trop répandus sont écartés) et la proximité de sens (plongements). Si le sens est très proche, un seul repère commun suffit ; s'il est quasi identique, le sens seul suffit.
Après l'affectation, deux événements très proches qui se recouvrent dans le temps sont fusionnés, et les articles qui s'éloignent du centre de leur événement en sont expulsés. Le calcul est refait en entier à intervalle régulier, ce qui empêche un événement de rester figé dans un état ancien ; entre-temps, les nouveaux articles sont rattachés au fil de l'eau (voir « Planification »).
Un événement n'est affiché qu'à partir de 8 articles venant d'au moins 3 médias du panel : en dessous, c'est trop mince pour comparer des camps, et un média qui publie chaque jour une rubrique (météo, journal télévisé) atteindrait seul le nombre d'articles.
Valeurs actuelles lues dans le code.
Les fils d'événements
Un fil relie des événements successifs d'un même sujet (par exemple une manifestation, puis la suivante). La règle est prudente : mieux vaut manquer un lien que se tromper. Un événement n'a qu'un prédécesseur et un successeur, et le meilleur lien doit l'être dans les deux sens.
Les liens posés ou refusés à la main ne sont jamais recalculés.
Valeurs actuelles lues dans le code.
Le nom d'un événement
Nommer un événement est déjà un cadrage (« attentat raciste » n'est pas « attaque terroriste »). Le nom retenu est donc l'expression des titres employée par le plus grand nombre de camps, puis de médias, en préférant une expression datée quand elle est portée par la plupart des médias. Les autres désignations restent visibles comme alternatives. Le nom est produit automatiquement : il peut être imparfait.
Valeurs actuelles lues dans le code.
La comparaison des camps
Pour chaque événement, l'outil décrit ce que fait chaque camp : les formules qu'il emploie dans ses titres, les personnes qu'il met en avant, les qualificatifs qu'il associe aux noms, et quand il intervient. Un trait n'est retenu que s'il distingue nettement un camp des autres.
Pour savoir comment une expression est reprise, l'outil lit son entourage dans l'article et la range selon des règles écrites : reprise telle quelle, entre guillemets, ou mise à distance (« prétendu », « soi-disant »…). Ces règles sont locales et simples ; elles se trompent parfois.
Valeurs actuelles lues dans le code.
Fiabilité et limites
Les seuils de l'algorithme ont été réglés sur un échantillon de paires d'articles à départager. Les étiquettes de cet échantillon n'ont pas encore été revues par un relecteur indépendant : les mesures qui en dépendent sont à prendre comme des repères.
- Le classement des médias en camps est un jugement éditorial, pas une mesure.
- Le panel est un échantillon : des médias importants en sont absents, et les volumes de publication varient fortement d'un média à l'autre, de quelques articles à plusieurs dizaines par jour. Un camp de petits médias couvre moins d'événements.
- Certaines sources ne fournissent que le titre : l'analyse du texte y est moins riche.
- Deux précautions limitent les rattachements sans lien avec le sujet. Les pages de programme et de série (« Le JT de 20 heures du vendredi 16 octobre 2026 », « Météo du 12 octobre 2026 ») sont reconnues à leur titre, qui porte une date complète avec l'année : elles ne parlent d'aucun fait et ne sont rattachées à aucun événement. Puis, pour chaque article rattaché, on mesure son sens par rapport aux autres articles de l'événement ; celui qui s'en éloigne et n'a aucun voisin proche est signalé comme incertain. Ce n'est qu'un signal à vérifier : il compte dans les comparaisons, car l'écarter retirerait davantage d'articles aux camps d'opinion qu'à la presse de référence. Inversement, un article resté hors des événements affichés mais aussi proche de l'un d'eux, par le sens, que ses propres articles (et publié pendant l'événement) le rejoint : cela évite que de gros événements, devenus difficiles à rejoindre, laissent dehors des articles manifestement liés.
- Des personnes disposant d'un compte peuvent corriger le résultat : renommer un événement, déplacer des articles, fusionner deux événements, en créer un. Ces corrections sont conservées lors des recalculs : un article rattaché à la main est marqué « à la main » et le calcul automatique ne le déplace plus. Elles sont journalisées (qui, quoi, quand).
- Le regroupement est statistique : il fait des erreurs, en fusionnant parfois deux événements voisins ou en séparant un même événement en deux. Les événements sont refaits régulièrement.
- Les fils sont prudents : beaucoup de suites réelles n'y figurent pas.
- L'outil n'évalue pas la véracité des articles et ne dit pas quel camp a raison.
Qualité mesurée
Mesure automatique du 29/10/2026, refaite chaque nuit : elle porte sur des cas nets (reprises de dépêches, sujets sans rapport), pas sur les cas ambigus.